Le JNIM (Jama’at Nasr al-Islam wal Muslimin) littéralement Groupe de Soutien à l’Islam et aux Musulmans (GSIM) est né en 2017, de la fusion de quatre groupes islamistes que sont Al-Mourabitoun, la Branche Saharienne d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), Ansar Dine et la Katiba Macina.

Historique de JNIM

Depuis la création du JNIM, d’autres groupes islamiques de la région des trois frontières ont rejoint ou tissé des liens étroits avec le groupe terroriste. On peut citer entre autres Ansarul Islam ou la Katiba Hanifa.

Iyad Ag Ghali, un chef de guerre touareg malien et fondateur du groupe salafiste djihadiste Ansar Dine, a été nommé à la tête du JNIM à sa création.

Plusieurs ethnies du Sahel sont représentées au sein du JNIM, mais avec une prédominance de la communauté peule qui s’accentue au cours des années et qui donne lieu a des exactions des autres ethnies contre les communautés peules civiles.

Aux idéaux religieux, de la création d’un état islamique, s’ajoute un caractère ethnique qui n’est pas sans causer des dissensions au sein du mouvement.

Composition du groupe terroriste et de ses alliés

Composition du JNIM : Al-Mourabitoun, Branche Saharienne d'AQMI, Ansar-Dine, la Katibat Macina, Ansar-ul-Islam
Groupes qui composent le JNIM

Zone d'influence du JNIM au Sahel

Tous ces groupes islamistes ont une certaine autonomie dans leurs actions et chacun répond aux ordres d’un chef indépendant. Tous les groupes opèrent sur un territoire attitré allant du Nord-Est du Mali, au Sud-Ouest du Burkina Faso en passant par la zone centrale des trois frontières entre le Mali, le Burkina Faso et le Niger.

Carte d'Influence du JNIM au Sahel
Zone d'influence du JNIM et de ses groupes alliés au Sahel

La Katiba Macina est un des groupes les plus actifs du JNIM et celui dont l’expansion territoriale est la plus importante. Son action s’étend des régions de Mopti, de Sikasso et de Ségou au Mali, jusqu’au nord de la Côte d’Ivoire et à toute la zone frontière Ouest du Burkina Faso. Son expansion est due à un effectif important, un chef ayant une certaine aura auprès des siens, Amadou Koufa, et à l’absence d’autres groupes djihadistes dans les régions qu’elle convoite.

Affrontement entre JNIM et EIGS et impact sur les populations

Depuis 2019, le JNIM mène une opposition armée contre les groupes de l’État islamique au Grand Sahara (EIGS). Cette guerre ouverte entre les groupes djihadistes est particulièrement meurtrière dans la zone des trois frontières et notablement active depuis le milieu de l’année 2022.

Aucun des deux camps ne parvient actuellement à prendre l’ascendant militaire et même si le JNIM enchaînait les victoires jusqu’à l’été 2022, il a subi aussi de sérieux revers ces derniers mois.

Les difficultés financières auxquelles les deux groupes font face actuellement contraignent ces derniers à limiter leur confrontation frontale afin de recompléter leur trésorerie.

Les populations locales se retrouvent être les victimes collatérales et quotidiennes de leurs exactions que ce soit du fait des attaques de convois de nourriture, de médicaments ou de carburant, des meurtres aveugles ou assassinats ciblés, des vols de bétails ou de véhicules. Il est constaté aussi une augmentation des enlèvements avec demandes de rançons, des extorsions et du racket exercés sur les site d’orpaillage, et autres menaces pour faire évacuer les zones.

Le mouvement JNIM se retrouve aussi confronté à un changement d’attitude de la population avec qui il pouvait parfois entretenir certaines relations et même pouvoir bénéficier d’un certain soutien. Mais cette population qui se retrouve constamment harcelée et pillée ne supporte plus les exactions du groupe djihadiste. Récemment certains villages ont été la cible de massacres du JNIM, accusés de soutenir l’EIGS ou simplement d’avoir demandé l’aide des forces armées du pays.

Lutte contre le JNIM et conflits internes

Le JNIM fait aussi face à un renforcement des forces armées des pays limitrophes dans leur combat contre les groupes terroristes et notamment celui du Burkina Faso, qui depuis la prise de pouvoir du Capitaine Ibrahim Traoré, le 30 septembre 2022, a considérablement renforcé le recrutement de Volontaires pour la Défense de la Patrie et axé les actions de ses forces armées sur la reprise des territoires occupés par les groupes islamistes, et non sans un certain succès, notamment à Solenzo et dans ses environs, après le lancement de l’opération « Félého » le 2 décembre 2022, qui en bwamu signifie « reconquête de notre terre ».

Après presque six ans d’existence le JNIM arrive à une période charnière de son existence. Pour remplir ses caisses, le groupe djihadiste doit intensifier ses exactions et est confronté à de nombreuses oppositions de la part des forces armées et des populations locales ce qui limite le nombre de ses éléments et freine son recrutement. De plus le mouvement est confronté à des dissensions internes, des défections et à des trahisons quant à sa confrontation avec l’EIGS.

Cependant, l’apparition publique récente de Iyad Ag-Ghaly après deux ans d’absence et sa rencontre avec des chefs tribus, des groupes armés non signataires de l’accord d’Alger, de la CMA et des émissaires du gouvernements malien fin janvier 2023 indique peut-être une inflexion de la politique actuelle du JNIM.

Le JNIM en 10 dates : les événements importants pour comprendre son activité au Sahel

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