L’orpaillage illégal, une activité fructueuse pour les djihadistes

Orpaillage illegal au Sahel

La hausse continue des cours mondiaux de l’or représente une aubaine pour les États africains et en particulier les États du Sahel, comme le Mali, le Burkina Faso et le Niger. Mais dans la bande sahélienne, les groupes djihadistes tentent de s’emparer des activités d’orpaillage artisanal et d’en tirer profit. Ces groupes pratiquent de plus en plus l’orpaillage illégal au Sahel notamment en attaquant certaines mines d’or. L’orpaillage, activité essentielle pour des millions de Sahéliens, pourrait, à terme, apporter un soutien financier au terrorisme. Or, c’est connu, le nerf de la guerre repose sur l’argent.

Les activités irrégulières telles que les trafics en tous genres (armes, drogue, motos et carburant), le vol de bétail, l’orpaillage illégal et le braconnage financent en grande partie les groupes terroristes. Ces activités facilitent non seulement leur ancrage mais aussi leur développement.
En participant aux activités illicites, les groupes extrémistes parviennent à générer des ressources, à se procurer des moyens de subsistance et à renforcer leur place dans le paysage politique et social.

Depuis déjà longtemps, la vente illégale d’or est déjà couramment pratiquée dans les pays du Sahel. « Les commerçants qui achètent de l’or, parfois à un prix même supérieur au prix du marché international, exportent cet or de manière frauduleuse, non déclarée, détaille un expert de l’OCDE. L’or est ensuite revendu dans un pays frontalier en échange de devises et c’est avec ces devises, en fait, que des biens de consommation sont achetés et ensuite réimportés, en général en sous-déclarant la valeur des biens importés, de telle sorte que l’opération dégage au global un profit. »

Au Burkina Faso, au Mali et au Niger, les groupes terroristes multiplient attaques et enlèvements dans les mines d’or, phénomène courant reproduisant en quelque sorte le processus de la razzia. Source de financement du terrorisme, l’or du Sahel pourrait surtout faciliter le blanchiment des revenus illégaux de ces groupes, si les activités d’orpaillage ne sont pas mieux contrôlées.

L’extraction artisanale d’or pourrait faire vivre 10 % de la population du Burkina Faso, du Mali et du Niger réunis. En particulier des jeunes, que cette source de revenus permet d’éloigner des groupes terroristes du Sahel. Mais ce cercle vertueux pourrait se transformer en cercle vicieux si les groupes terroristes continuent à tirer profit de cette filière.

Les sites d’orpaillage tiennent une place essentielle dans le financement des groupes extrémistes. A titre d’exemple, les groupes qui sont présents dans les zones aurifères de l’est du Burkina ont pris le contrôle de sites d’exploitation et font tout pour en ouvrir de nouveaux.

En Mauritanie aussi, l’orpaillage artisanal alimenterait un marché noir finançant indirectement les groupes armés terroristes.
Si l’extraction « légale » génère environ 130 millions de dollars de revenus annuels pour l’Etat mauritanien, près de 300 millions de revenus échappent à la Mauritanie. C’est sur cette manne illégale que les Groupes Armés Terroristes, se rémunèrent en escortant des convois dans les régions transfrontalières ou via des droits de passage sur les territoires qu’ils contrôlent.

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