Les Forces Armées Maliennes, dernier rempart contre le mal ?

Forces Armées Maliennes

Depuis une dizaine d’année, les Forces Armées Maliennes (FAMa) défendent le Mali contre la menace terroriste. Des groupes armés comme le JNIM ou encore l’EIGS ont connu dernièrement des affrontements directs avec elles au sud du Mali. Ce 8 avril, les Forces armées Maliennes ont organisé différentes opérations dans le centre et le sud du pays afin de libérer des villages occupés par des terroristes. Lors de ces opérations, les FAMa ont réussi à vaincre 22 d’entre-eux dont 4 dans la zone de Niono.

Depuis leur création les FAMa n’ont cessé d’évoluer, mais que sont-elles devenues et quels moyens ont-elles pour rivaliser face aux différents groupes terroristes ?

Fondées à la suite de l’indépendance du Mali, le 1er octobre 1960, les FAMa comptent un total de plus de 13 000 hommes et se composent d’une armée de terre, de l’air, d’une garde nationale ainsi que d’une Gendarmerie.
Elles sont regroupées au sein de plusieurs camps :

  • Soundiata-Keïta à Kati ;
  • Fort Cheick Sidi Bekaye à Tombouctou ;
  • Firhoun Ag Alinçar à Gao ;
  • Camp I de Kidal.

De plus, depuis le 30 octobre 2019, la MINUSMA a remis aux FAMa deux infrastructures rénovées dans le cadre de la poursuite de sa mission de soutien au Mali.
Les travaux de rénovation ont concerné le camp Hamadoun Bocary Barry ainsi que la Base Aérienne 102.

Les FAMa sont placées sous le commandement en chef du président de la République provisoire (Assimi Goita), assisté du ministre de la Défense, le chef d’état-major est le général Oumar Diarra. La formation est assurée par plusieurs écoles et centres d’instruction :

  • Markala,
  • Bapho,
  • Tiby,
  • Koutiala,
  • Yanfolila,
  • l’École de maintien de la paix Alioune Blondin Beye à Bamako,
  • l’École militaire interarmes à Koulikoro,
    le Prytanée militaire de Kati (PMK),
  • l’École militaire d’administration (EMA) à Koulikoro,
  • l’École des sous-officiers à Banankoro,
  • l’école des sous-officiers de la gendarmerie à Faladié,
  • l’école des officiers de la gendarmerie (EOGN).

Dans les années 1990, les armes, blindés et véhicules de l’armée malienne étaient d’origine française ou russe et offert par la France.
La loi d’orientation et de programmation militaire a permis à l’armée de se doter de nouveaux équipements motorisés et aériens. Cette loi a permis un investissement d’environ 1 230 milliards de FCFA sur la période 2015-2019. Et 1.230 milliard de dollars en 2021
Cette somme devait également permettre le recrutement et la mise à niveau du personnel militaire.

Durant la même période, de nombreux équipements ont été offerts par la France, le Qatar, les Émirats Arabes Unis, l’Union européenne et l’Allemagne.
En somme, l’inventaire des équipements des Forces armées maliennes est difficile et provient de sources multiples et variées.

Depuis son arrivée, le Président de la Transition, le Colonel Assimi Goïta  a affiché sa volonté d’équiper les FAMa,  d’équipements et de matériels adéquats, afin de leur permettre de mieux faire face aux menaces sécuritaires nouvelles avec l’augmentation des Engins Explosifs Improvisés (EEI).

C’est donc conscient du défi sécuritaire actuel que doit relever le Mali que le Président de la transition s’attelle à l’acquisition de matériels adéquats. Comme lors du 03 décembre 2021 avec la remise des clés de quatre hélicoptères de combat et la remise d’un lot important de matériels et d’équipements motorisés.

Les forces armées maliennes ont participé à des missions de maintien de la paix en République démocratique du Congo (ONUC en 1960-1964 et MONUC depuis 1999), au Liberia en 1990, Sierra Leone en 1997 et Centrafrique en 2000.

La guerre de la Bande d’Agacher, également connue sous le terme de Guerre de Noël, est un conflit de frontière entre le Mali et le Burkina Faso en 1985 autour de la bande d’Agacher, une bande de terre semi-désertique de 160 kilomètres de long et de 30 kilomètres de large se trouvant entre le nord du Burkina Faso et l’est du Mali.

Durant les années 2000 et au début des années 2010, des militaires maliens sont entraînés par des instructeurs américains dans le cadre de l’opération Enduring Freedom – Trans Sahara.
L’armée malienne a souffert de l’intégration des rebelles touarègues dans l’armée régulière à la suite d’un accord conclu en 1992 entre le gouvernement et les groupes rebelles. Ce qui s’explique par les rapports compliqués qu’entretiennent les Touaregs avec Al Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), la branche nord-africaine d’Al Qaïda (AQ), qui reposent sur une convergence d’intérêts (indépendance vis à vis de Bamako) et non sur l’idéologie salafiste.

Entre janvier et avril 2012, l’armée malienne subit une série de revers aboutissant à la division du pays. En décembre 2012, l’Union européenne décide d’apporter son aide à l’armée malienne à travers la mission de formation de l’Union européenne au Mali.
Le 11 janvier 2013, la France déclenche l’opération Serval sur la demande du gouvernement malien. L’opération militaire multinationale qui se déroule depuis le 11 janvier 2013, l’objectif est la mise en œuvre de la résolution 2085 du Conseil de sécurité des Nations unies.

Début février 2013, les effectifs sont estimés par le ministre des affaires étrangères malien Tiéman Hubert Coulibaly à moins de 3 000 militaires opérationnels sur un effectif théorique de 14 000 hommes.

La mission de formation est lancée le 18 février 2013 et présentée à Bamako le 20 février. Plus de 500 militaires, dont 200 formateurs européens arrivent au Mali pour donner des cours aux militaires maliens à partir du 2 avril 2013. Quatre bataillons de 700 hommes doivent être formés chaque année. La mission de formation est basée à l’école militaire interarmes à Koulikoro.

Ces dernières années, malgré des formations par des experts internationaux, du matériel performant et de l’armement en quantité, les FAMa ont alterné entre coup d’éclats et violentes défaites face aux GAT tels que le JNIM ou l’EIGS.

A l’heure actuelle, les FAMA sont au centre de l’attention avec le groupe WAGNER par rapport aux nouveaux modes d’actions et aux accusations d’exactions contre la population. A l’image des opérations de collaborations entre le Burkina Faso et le Niger, l’armée malienne gagnerait à se rapprocher de ses voisins pour poursuivre la sécurisation de son territoire national mis à mal par les Groupes Armés Terroristes (GAT). Le dialogue et la négociation avec les groupes terroristes locaux restent envisagés par de nombreux intervenants maliens.

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