L’organisation terroriste JNIM : qui est-elle et que veut-elle ?

Organisation terroriste JNIM

L’organisation terroriste JNIM se composait à l’origine de quatre groupes islamistes affiliés à Al-Qaïda : Ansar Dine, Al Mourabitoune, le Front de Libération du Macina (FLM) et Al-Qaïda au Maghreb Islamique. Aujourd’hui Al Mourabitoune a été démantelé après la mort de son chef Mohamed Ould Nouini.

Les intérêts, l’influence territoriale et les motivations de chacunes de ces factions sont dès le départ très diversifiées. Actuellement le groupe est représenté par les chefs de deux de ces quatre groupes : Iyad Ag Ghali de Ansar Dine et Amadou Koufa du FLM.

Histoire du JNIM et de ses membres

Iyad Ag Ghali, est un Touareg, originaire de la région de Kidal, dans le nord du Mali, où il a participé aux rébellions touarègues à partir des années 1990. Il est le fondateur d’Ansar Dine et est considéré comme le chef, l’émir du JNIM. Il a créé le groupe en 2011, lorsque le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), un mouvement séparatiste touareg, refusa de le nommer à sa tête. En tant que chef d’Ansar Dine, il a noué des alliances avec AQMI et le MNLA en 2012, proclamant en mai de cette année-là le nord du Mali un « État islamiste ».

Amadou Kouffa, nom de guerre d’Amadou Diallo est un peul. Il se joint à Ansar Dine en 2012 au début de la guerre au Mali. En 2015 il fonde la Katiba Macina dont il est le chef militaire. Il convient d’ajouter aussi que Amadou Kouffa est perçu comme un guide spirituel : ses conseils et directives sont suivies par bon nombre de djihadistes, comme lorsqu’il ordonna de ne plus s’en prendre aux médecins et aux chrétiens

Kouffa avait été donné pour mort fin 2018 par Paris et Bamako après une opération militaire française, avant qu’AQMI ne démente sa mort et qu’il réapparaisse dans une vidéo quelques mois plus tard, prouvant qu’il est toujours en vie.

La zone d'influence de cette organisation terroriste

Les évènements violents attribués au JNIM (Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans ou GSIM en français), représentent plus de 64 % de l’ensemble des cas attribués aux groupes islamistes au Sahel depuis 2017. Le Front de libération du Macina (FLM), encourageant une idéologie extrémiste en accentuant les tensions inter et intracommunautaires, constitue de loin la faction la plus active du JNIM, opèrant du centre du Mali, jusqu’au territoire burkinabè.

Ansar Dine étend son influence principalement au Nord du Mali en maintenant avec des chefs laïcs de la communauté touarègue des liens qu’il a utilisés pour garantir sa propre sécurité et son influence politique. La collaboration établie par le passé entre Ag Ghali et les dirigeants d’AQMI-Sahara et d’Al-Mourabitoune lui a permis de mettre un pied dans des réseaux couvrant le Sahel et le Maghreb.

Il convient de préciser que l’organisation terroriste du JNIM utilise les réseaux illicites comme sources de revenus. Bien que ne versant pas dans les différents trafics directement, ces groupes taxent (de gré ou de force) les organisations criminelles qui sévissent dans leur secteur.

Les conflits internes et externes du JNIM

Le JNIM n’est pas une unité opérationnelle organisée car les dissensions internes sont nombreuses et ses membres vont et, viennent au gré des jeux d’alliance locaux. De plus son opposition avec l’EIGS (Etat Islamique au Grand Sahara) rend le groupe d’autant plus fragile. Certains combattants de ces groupes changent régulièrement de camp en fonction de leurs intérêts personnels.

Enfin, la négociation politique avec les deux chefs du groupe djihadiste n’est pas fermée. Bien que lors des négociations précédentes, ces derniers imposaient des conditions irréalisables, les canaux de discussion entre le groupe armé et l’état malien semblent rester ouverts.1

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